Hello les amis,
Vous êtes nombreux à me demander de nouvelles « anecdotes drôles de dédicace ».
Je vous en livre donc une tout de suite.
Celle-ci, je la dédie à Serge Amoré, dit « Sergio », mon pote de l’association des Amis de San-Antonio :
Je l’ai intitulée :
« chconopostécrivolo » !
Si, si, vous avez bien lu !
Ça s’est passé il y a un petit moment, en début d’été au magasin « Auchan » de Cergy-Pontoise.
Après que la direction soit parvenue à me dénicher une chaise branlante, et que le vigile ait enfin ôté ses doigts de mon rectum pour vérifier si je n’avais pas volé et tenté d’y dissimuler un
VTT, j’ai été conduit à ma table…
Situé en tête de gondole, entre le rayon « chaussettes et soin des pieds » et « accessoires de bagnoles », l’endroit était d’emblée… stratégique.
Mais Auchan fait les choses bien :
Juste au dessus de moi, ils avaient réalisé un gigantesque panneau avec mon nom, la couverture du dernier polar, et (évidemment) un prix
« super-discount-délire-que-si-t’achètes-pas-t’es-vraiment-un-gland ! »
Ainsi, dès 14 heures, jeté en pâture à la foule avide de steaks-hachés congelés et de poireaux en promos, j’ai sorti courageusement mon stylo, prêt à affronter le… meilleur.
J’ai donc eu la chance d’assister à tout un après-midi dans une grande surface « vu de l’intérieur ».
Et c’est incroyablement riche, intellectuellement, un supermarché.
Un vent de culture balaye les travées et une soif d’apprendre inouïe occupe l’esprit des visiteurs.
Ainsi, on m’a demandé 28 fois :
- Eh m’sieur, où c’est k’y sont les ampoules, steuplé ?
- Pourquoi k’y a plus les chaussettes du catalogue des promos, qu’on est venu exprès pour ? Tiens, agade, c’est dedans, ch’te jure sur la vie de ma mère !
- Moi je lis pas, alors pourquoi vous écrivez ? ça sert à quoi ?
- Eh m’sieur, ça gagne d’la thune d’écrire des trucs comme ça ? hein m'sieur? Vazy, répond, fé pas ta pute !
Etc.
Mais, j’en reviens à mon panneau au dessus de la tête.
En résumé, les gens me regardaient, because c’est vrai que ça fait bizarre un mec assis tout seul au milieu d’une grande surface, avec une table et une pile de bouquins.
Puis ils levaient le nez et lisaient le panneau.
Là, souvent, leurs yeux s’écarquillaient.
N’étant jamais passé sur TF1 ou M6, dans aucune émission trash de téléréalité pour sodomiser des moutons dyslexiques, mon nom et mes polars leur étaient parfaitement inconnus.
Et c’est là, que vers 18h, une charmante dame a délicieusement résumé la situation.
Que je vous la présente :
Sans équivoque, une personne de la noblesse, limite bourgeoise coincée :
1m60 pour quelques quintaux, élégance raffinée à base de collants verts ultramoulants, décolleté plongeant difficilement contenu par un bustier rose légèrement auréolé aux aisselles (40 cms de diamètre maxi), verrues à aigrettes jaillissant victorieusement de sa moustache drue et cheveux courts peroxydés, soigneusement coiffés à l’huile de vidange.
Accompagnée d’à peine une demi-douzaine de charmants bambins au tempérament joueur (l’équivalent de trois pelleteuses Caterpilar surgonflées), aux nez peu étanches et aux mains amoureusement tartinées de Nutella.
Elle bénéficiait d’un accent très chantant d’une région indéterminable et hurlait sur sa progéniture d’une façon
très déterminée.
Afin d’être sûre que tout le monde capte bien ses propos, elle haranguait la foule et prenait même d’autres clients à témoins, du genre :
« Jojo ! Arrête de donner des coups de pieds dans les paquets de chips ! Z’avez vu ça, m’sieur, ce sale gosse. Jojo, le m’sieur y te r’gad ! »
Puis comme on dit au JT (et au Groland), pour humidifier le slip de la ménagère :
ET LA, C’EST LE DRAME !
Soudain, elle me voit.
Marque un temps d’arrêt, ouvre la bouche avec un air d’incompréhension (ben oui ! le samedi d’avant, je n’étais pas là ! donc, bouleversement !)
Puis elle lève ses yeux bovins vers le panneau, décrypte laborieusement mon nom et le titre du livre et marque un nouveau temps d’arrêt.
Surpris, les gamins cessent momentanément leur destruction systématique des rayons et une de ses fillettes hurle :
« C’est qui le m’sieur, m’man ? »
Et là, la matrone émet avec sa bouche un pet de cheval, suivi d’une sorte de barrissement, reprend sa respiration en absorbant une douzaine de mètres cubes d’air d’un coup et lance un
sonore (entendu jusqu’au rayon traiteur):
« Ché pô, ma nénette ! Bin mwo, chconopostécrivolo » !
Puis elle me toise avec une espèce d’agressivité peureuse, rassemble ses schtroumpfs et file en courant comme si j’avais la lèpre.
Après analyse par les équipements de la CIA (merci Jack (Bauer), ‘videmment)) et le travail acharné de distingués linguistes, j’ai obtenu la traduction
(en fait, par une des charcutières venue me voir à sa pause !).
Et finalement, j’ai appris que dans la langue de Molière ça signifiait :
« Eh bien moi, je ne le connais pas cet écrivain là ! ».
En conclusion, maintenant, quand je débarque dans une dédicace foireuse, je m’amuse beaucoup et essaye de compter les « chconopostécrivolo » !
Faut bien se distraire !
Biz à tous.
Et un gros clin d’œil à Sergio.
Pascal
« L’écrivolo » !

