Mercredi 25 mars 2009 3 25 /03 /2009 10:33


PHOTO JM RICHARD - LE PETIT JOURNAL CUISERY ©

PHOTO JM RICHARD - LE PETIT JOURNAL CUISERY ©


Bonjour les amis,

 

 

Samedi 21 mars, 18h00, au Musée San-Antonio de St Chef en Isère :

 

Dehors il fait un froid de canard.

Un vent glacial balaye les petites rues pentues.

On entre dans la Maison du Patrimoine en se frottant les mains pour se réchauffer.

 

D’abord, la salle est vide.

Puis les Amis et les organisateurs arrivent.

Ils installent des dizaines de chaises.

Ça fait beaucoup, non ?

 

Le public commence à déferler.

Très rapidement, tous les sièges sont pris et il y a des gens debout.

Puis c’est le tour des journalistes, des photographes, des représentants du conseil régional.

Monsieur Marc Perry, ami d’enfance de Frédéric Dard, arrive sous les applaudissements et vient me rejoindre.

L’accolade est chaleureuse.

 

Waow ! la vache, j’ai les mains moites !

Je ne pensais pas qu’il y aurait autant de monde !

 

Mon pote Gégé Reymond lit un petit discours d’accueil.

Comme toujours, il assure.

Les mots sont doux, sincères et drôles.

 

La pression monte. J’ai bien fait de passer une chemise et une veste « habillée ».

Sur la table basse, mes trois petits polars, en vrac, ressemblent à des godasses oubliées sur une plage.

 

La salle est maintenant pleine comme un œuf.

Le stress qui m’habitait depuis ce matin arrive à son point culminant.

 

Au mur, une grande bannière est accrochée avec le portrait de Frédéric Dard.

Bon, il est là, à m’observer avec son sourire bienveillant.

Son esprit et son souvenir envahissent tout l’espace.

Il  va falloir rester drôlement modeste et tâcher de lui faire honneur…

 

Luc Savoyat, directeur de la maison du patrimoine ouvre la conférence et anime le débat.

Les premières questions arrivent, je flippe un peu, beaucoup même…

 

Et puis, je commence à parler de mon écriture et de mes bouquins.

On aborde différents thèmes, on se renvoie la balle avec Marc Perry.

Putain, je suis quand même à côté d’un des meilleurs amis de mon idole…

Il n’arrête pas de dire du bien de ma plume…

J’en chialerais, dis donc !

 

Et bing ! Je me détends !

Le public accroche.

Quelques blagues, l’atmosphère est chaleureuse.

Les questions fusent.

Je leur raconte, je me raconte.

Comment je construis un roman, la création des personnages, l’intrigue.

Comment j’ai commencé, comment je continue…

Ça sort tout seul.

Je me rends compte que parler de ce qui me passionne est finalement presque aussi naturel que de respirer.

 

Exercice inhabituel et flippant, mais à ce moment-là, je prends conscience que j’y prends goût.

Je suis sur un nuage.

 

Et puis la famille Dard arrive.

Grosse émotion.

Je serre des mains, je me rassois…

 

C’est le moment de rendre hommage.

 

Alors je révèle que mon deuxième prénom est Frédéric, parce que ma mère aussi était fan…

Elle m’a mis mon premier San-A dans les mains quand j’avais 13 ans.

En résumé : c’est à Frédéric Dard que je dois ma vocation d’auteur !

 

Je l’explique avec toute mon énergie et toute ma sincérité.

C’est maintenant ou jamais, mon pote !

 

Madame Françoise Dard sourit, Marc Perry aussi et tout le public avec.


Moment de grâce.


Et puis je me tais enfin, la gorge serrée par l’émotion, mais heureux « d’avoir pu le dire ».

 

Toute la salle se met à applaudir.


Je jette un œil à la bannière.

Frédéric continue à sourire.

27 ans après avoir ouvert son premier livre, j’ai enfin pu lui rendre l’hommage que je souhaitais.

 

Le champagne et les petits fours arrivent.

Pas le temps, la dédicace commence.

Des dizaines de livres partent en un temps record.

C’est à chaque fois un petit moment de complicité avec des gens que je connais, d’autres que je rencontre pour la première fois, d’autres que j’avais croisé sans leur parler.

 

Le tourbillon prend fin vers 20h30.

Il est temps d’aller voir « Machination », la pièce de théâtre qui clôt la soirée.

 

Je sors fumer une cigarette.

J’embrasse ma compagne.

Elle est fière de moi.

Mes amis aussi.

Je suis heureux, la vache !

 

Andy Warhol disait qu’on avait tous droit à 15 minutes de gloire dans sa vie.

J’en ai eu deux heures et demie, un samedi soir de mars 2009, à Saint-Chef, en Isère, sous l’œil de mon idole.

De là-haut, il devait me regarder gesticuler, empêtré dans mon émotion, et sans doute se marrer.

 

Peut-être était-il aussi un peu content de voir que 9 ans après sa disparition autant de gens continuent à l’aimer de toutes leurs forces.

 

Alors je dédie cette magnifique soirée qui restera dans ma mémoire toute ma vie à son souvenir, son talent et son humanité.

 

Merci San-A !

 

Biz à tous

 

 

Pascal

Très ému


Par Pascal Candia - Publié dans : Mes Amis / Evènements - Communauté : SOIF DE LIRE...
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