Bonjour les amis,
Voici la suite de mes aventures dans mon nouveau super job !
Après la première semaine aussi intense que la voix du président de la république tentant de nous faire avaler que le chômage baisse, et l’évènement
« Titanic » du précédent article, la fête continue.
Cette fois, ça y est, les trois nouveaux que nous sommes ont été parachutés dans leur espace de travail.
Chic !!! : c’est un « open space ».
Pour ceux qui ne connaissent pas ce concept merveilleux, c’est une grande pièce sans cloisons.
Tout le monde y est balancé en vrac et c’est la foire d’empoigne !
Les patrons en raffolent !
Ils collent leur « bureau-mirador » dans un des angles et surveillent tout le monde d’une seule œillade, en caressant leur fouet d’une main
rêveuse, prêts à bondir !
Le Paradis !
Dans un open space, on retrouve toujours :
- Celui qui braille comme un poissonnier énervé à la criée de Cherbourg, car il n’a
pas compris que le téléphone permettait de ne plus hurler pour se faire entendre de loin…
- Celui qui se planque au fond, derrière des tas de plantes desséchées pour pioncer
peinard et qu’on l’oublie !
- La demoiselle qui s’essaie aux blagues salaces pour tenter de se faire accepter
dans un univers à forte majorité masculine.
- Celle qui papillonne au milieu du groupe avec un décolleté un peu plus échancré
qu’une porte de grange un jour de moissons, histoire de prouver 259 fois par jour « qu’elle est bien roulée, hein z’avez vu les gars, regardez : c’est des
vrais ! ».
- Celui qui épie les moindres gestes des autres et les moindres conversations
privées. Ainsi, quand parfois vous raccrochez le téléphone, il vous balance avec une moue faussement compatissante : « ah bon, elle a une hernie ta frangine ! ho ! trop
dur ! ».
- Celui qui fait du zèle en bossant à mort et en faisant bien gaffe que ça se
remarque.
- Le toqué d’informatique qui sait bidouiller tout ce qu’il est possible de faire
avec un ordinateur. Il est capable de vous installer en trois clics : un grille-pain, un fax, une machine à laver, une moissonneuse batteuse virtuelle, un lien direct sur les fichiers
secrets du FBI, etc.
Mais chez nous, rien de tout ça, tout est merveilleux et le bonheur transpire dans cet espace de convivialité rempli d’amour (pffff ! hi hi ! rien que de l’écrire, « chuis »
mort de rire !) !
En plus moi, j’ai de la chance ! (comme toujours !)
Les « hasards de la géographie » ont placé mon bureau à 17 centimètres de celui de mon boss « Alexandre le Redoutable ».
Là encore, curieusement, aucun collègue ne m’en a voulu de ce privilège !
Ils sont sports, hein ?
Je vais quand même ramener mon Beretta au bureau, ça me détendra !
Bref, que de l’amour, je vous dis !
Et tout ça, juste pour pouvoir couvrir le premier tiers des impôts qui va nous dégringoler sur la frite dans les prochains jours ! pfff, j’vous
jure !
Bon, je m’arrête là pour aujourd’hui, mais ne vous inquiétez pas, j’en ai plein ma bourriche : il y a le coup de l’appel d’offres (épique !), les
repas du midi, les formidables collègues, la cellule de crise, les réunions, les présentations, les rendez-vous, etc… de quoi tenir un siège !
Remarquez, en parlant de siège, au rythme où je déconne, je ne suis pas sûr de garder le mien très longtemps, hi hi !
Ça tombe bien, mon tome 3 n’avance pas des masses, ces derniers temps !
Biz à tous
Pascal
Perdu à la criée aux poissons