Dimanche 2 décembre 2007
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Bonjour les amis,
Vous avez été plusieurs à me contacter pour avoir des nouvelles de Raymond, « Le Poulbot de Ménilmuche », ainsi que pour savoir ce que l’expression
signifiait.
OK, commençons par ça :
Poulbot : Enfant pauvre de Montmartre. Par extension : un gavroche.
Ménilmuche : Terme d’argot signifiant Ménilmontant. C’est un quartier populaire de Paris situé dans le XXème arrondissement. (Nom attribué
définitivement au 16ème siècle, venant de « Mesnil » (maison) et « Montant » à cause de sa situation en hauteur.)
Voilà, maintenant vous savez tout !
Revenons-en à Raymond d’Oléron, le fameux Poulbot de Ménilmuche.
C’est (pour les nouveaux visiteurs), le vétéran de mes lecteurs.
Né en 1930, il vient de souffler ses 77 bougies le 02 novembre.
Nous continuons notre relation épistolaire avec beaucoup d’intérêt et de gentillesse.
Dans son dernier courrier il m’a raconté plein de choses passionnantes :
Ainsi, pendant la seconde guerre mondiale, alors qu’il n’avait qu’une douzaine d’années, il s’occupait du ravitaillement pour ses parents.
Son père ayant été arrêté par les Allemands, c’est lui qui assurait la subsistance de la famille.
A ce titre, il n’a pas pu aller beaucoup à l’école pendant cette période.
Et pourtant, à la fin de la guerre, il est parvenu à rattraper son retard et a fini classé 2ème de tout l’arrondissement !
Il a assisté à l’arrivée des chars Leclerc à Paris.
Il était là quand ils ont investi le parvis de Notre-Dame, alors que des tireurs ennemis étaient encore embusqués dans les tours du monument…
Il n’avait que quinze ans !
Il a eu d’ailleurs la gentillesse de m’envoyer un vrai journal d’époque daté du 8 mai 1945.
Simple grande feuille recto-verso, le ton et le vocabulaire employés à l’époque par les journalistes démontrent parfaitement la terreur qui régnait.
Pour des gens comme moi, qui ont eu la chance de ne pas connaître cette terrible période de peur, de faim et de mort, nous ne pouvons être qu’admiratifs et respectueux du courage de nos
anciens…
Ensuite, Raymond-le-Poulbot a été menuisier et a eu une grande famille :
Il a eu trois filles et quatre petits enfants (dont Laura, sa petite « Musaraigne », comme il l’appelle, qui m’a contacté et est d’une gentillesse
infinie).
Aujourd’hui il est même arrière grand-père !
Bref, comme je vous l’avais dit, « mon » Poulbot de Ménilmuche est devenu ma mascotte.
D’ailleurs nous allons tâcher de lui rendre un sympathique hommage lors de la prochaine assemblée des « Amis de San-Antonio », car c’est aussi le
vétéran de l’association.
Pour ceux qui souhaiteraient retrouver facilement mon premier article sur lui, je l’ai déplacé en tête de la rubrique « Mes amis et mon éditeur
préféré ».
Un gros bisou à mon Poulbot de Ménilmuche et à sa Musaraigne.
Biz à vous tous aussi, qui êtes de plus en plus nombreux à venir visiter ce modeste espace de bonne humeur. Merci.
Pascal
Le copain du Poulbot