Argenteuil, c'était un accident... le livre

Jeudi 19 avril 2007 4 19 /04 /2007 08:15

 

Bonjour à tous,

 

La vie d’auteur est pleine d’aventures trépidantes (des fois, si, si !)

Ainsi, comme certains d’entre vous me demandent des anecdotes concernant l’écriture de « Argenteuil, c’était un accident… », je vous en livre une.

  

J’étais en phase « d’adaptation géographique » et je devais trouver une cité « sensible » pour y décrire une scène du roman. Je me suis donc rendu dans la ville de X (Eh non ! Pas Argenteuil, une autre... D'ailleurs, toute ressemblance, etc.etc. J).

Là, l’équipe municipale m’avait prévenu : « vous allez là-bas à vos risques et périls ».

Mais surtout, avaient-ils insisté, « ne vous montrez pas avec un appareil photo, vous risquez d’avoir des ennuis ! ».

 

 

Quelques semaines s’écoulent et l’avertissement me sort plus ou moins de l’esprit.

Je file donc « au cœur de la cité », un jeudi en fin de matinée. Armé de mon petit appareil numérique, je me gare et je commence ma reconnaissance : relevé des noms de rues, configuration des lieux, nombre d’étages des immeubles et tous les détails du décor…

  

Ici et là, il y a bien quelques bandes de « djeunes » (se prononce « djeun-ssss » !), mais ils sont cools et papotent entre eux sans s’occuper de moi. Mis en confiance par cette apparente sérénité, je poursuis mon exploration et mitraille à tout va pour bosser ensuite sur photos.

 

Après une demi-heure et une vingtaine de clichés, je décide de mettre les voiles.

Je rejoins ma voiture et ouvre la portière, satisfait de mon « safari ».

  

 

C’est alors que déboule une Clio blanche qui vient se coller derrière mon véhicule m’interdisant toute marche arrière. En simultané, un Renault Scenic gris pile en biais devant mon capot, rendant toute manœuvre impossible. (Doivent avoir des tarifs, chez Renault !).

 

Ma voiture bloquée, je me dis, tel le Rain-Man moyen : « Ho ho ! ça craint ! »

La portière du monospace s’ouvre et en descend un type énorme, genre Stallone, en beaucoup plus bodybuildé. Il porte un t-shirt blanc, style marcel.

L’action se situe en plein mois d’octobre et il fait trois ou quatre degrés.

Moi, je suis engoncé dans une parka avec mon écharpe, et le monstre musculeux est en

t-shirt ! Ses biceps et ses triceps doivent faire la taille de mes cuisses et comme dit Schwarzenegger dans « Predator » : « Il a pas une gueule de porte-bonheur ! ».

 

A l’arrière de ma chignole, les deux mecs qui sont dans la Clio, descendent à leur tour et me regardent avec des sourires aussi suspicieux qu’ébréchés, regroupant au mieux une demi-douzaine d’incisives au total.

 

Le Stallone local prend la parole et me balance :

«  Eh ! Z’êtes qui ? Pourquoi vous venez de ME prendre en photo ? »

 

J’avale ma salive péniblement et je réfléchis à toute vitesse.

Merde, merde, merde ! Qu’est-ce que je suis venu faire dans cette galère ? »

 

Mon mètre quatre-vingt et mon surpoids de « presque-quadragénaire vaguement trop porté sur les spaghettis » ne leur en impose manifestement pas !

 

Dans la bagnole, pour me défendre je dispose de :

-         Une bouteille d’Evian entamée.

-         Un allume-cigare.

-         Un plan de la ville

-         Une demi-plaquette de Doliprane.

-         Un reste de paquet de chewing-gum « Freedent », (parce qu’y a pas de sucre dedans !)

-         L’oreillette de mon portable.

-         Point final…

 

Pour tenir un siège et jouer les Clint Eastwood, ça va faire léger !

Conscient d’être coincé et ne me voyant pas partir dans le trip laborieux : « j’écris un livre, tout ça », je pare au plus pressé :

 

 

« C’est pour le journal de la ville et ce n’est pas vous que je photographiais, mais les immeubles ! »

En simultané, je me suis dit qu’il faudrait quand même que je passe à la pharmacie pour m’acheter une paire de testicules de dépannage !

Mais, vu la gueule des mecs et comme le disait le regretté Gainsbourg, paumé dans le Bronx : « Qu’est-ce que t’aurais fait, toi ? Hein ? »

 

On papote un peu, ils semblent gober mon histoire à reculons.

Soudain, j’ai l’illumination et je balance un truc énorme de stupidité :

« Ben, je vous photographiais pas « VOUS », « pisssque » je vous connais pas ! Je ne photographie que les gens que je connais ! ».

 

Là, le monstre hésite. Son œil glauque semble s’allumer, comme si une improbable connexion neuronale venait de se produire. D’un coup, il se radoucit et me balance :

« Ah ben ouais, c’est logique ! ».

 

Puis, il fait signe à ses gorilles et tous remontent en bagnole et se barrent !

Ouf, je respire !

Je prends un air pseudo-dégagé et, les mains tremblotantes, je me casse sur les chapeaux de roue !

 

 

Je tiens ma scène clé du chapitre 11 où, « courageusement », je relate ça !

Mais bien entendu, en inversant les rôles…

C’est mon héros qui mettra tout ce joli monde au pas ! hi hi !

Mettre les loubards en situation d’insécurité en restant vivant, quel pied, hi hi !

 

D’où l’excellente citation de Marcel Pagnol, à travers la bouche d’Yves Montand dans « Jean de Florette » :

 

Quand on a commencé d’étrangler le chat, il faut le finir !

 

Voyez, y s’passe des trucs, quand on écrit un polar.

C’est pas idéal pour l’orgueil, mais comme on arrange tout avec un simple clavier d’ordinateur, c’est la fête !

 

Allez, à demain les aminches !

 

Pascal

Héros très relatif (mais vivant ! J)

 

Par Pascal Candia - Publié dans : Argenteuil, c'était un accident... le livre - Communauté : SOIF DE LIRE...
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