Anecdotes drôles de dédicaces

Mercredi 17 octobre 2007 3 17 /10 /2007 07:28

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Bonjour les amis,
 
Tandis que « Chefs-d’œuvre meurtriers » commence à s’installer doucement en librairie, j’en profite pour tâcher de vous distraire avec les anecdotes fun glanées aux cours des séances de dédicaces.
 
Voici donc le troisième chapitre :
 
 
1)      Quatrième dimension !
Une dame un peu âgée s’approche de ma table. 
Elle prend le livre, lit le dos puis le repose. Elle se tourne vers moi et me dit :
-          Je vais le prendre !
 
Moi, ravi, je lui demande si elle veut un petit mot.
 
Elle secoue la tête négativement et me répond :
-          Non je le prendrai dans six mois, je pense !
 
Surpris, je réplique :
-          Ah bon ! dans six mois ! Il y aura quelque chose de spécial dans six mois ?
 
Elle prend un air mystérieux et enchaîne :
-          Oui, il faut ce temps là pour que je l’apprivoise et qu’il m’apprivoise.
 
Là, j’ai dû dire un truc du genre :
-          Aaaaaaaah ? vrouarrrrd gargluuuub, boooourrrquoi ?
 
Elle sautille, enthousiaste et poursuit son explication :
-          Pendant six mois, je viendrai régulièrement à la librairie. Je regarderai la couverture et elle me regardera. Si on s’est bien apprivoisé mutuellement, alors je l’achèterai !
 
Bien sûr, je suis resté comme deux ronds de flan.
Comme j’avais gardé la bouche ouverte, un long filet de salive est venu dégringoler sur ma manche.
Puis elle est partie, toute guillerette !
De mon côté, j’ai essayé d’arrêter de baver !
 
 
2)      Où est mon Beretta ?
Deux dames s’approchent.
Elles doivent avoir quatre-vingts ans.
Elles s’appuient sur des cannes et se soutiennent mutuellement.
Emu par ces mignonnes mamies je leur adresse un gentil sourire.
La première s’empare d’un exemplaire du polar et me dit :
-          Vous pouvez me lire le résumé, je ne vois pas bien et mon amie non plus !
Bon, je m’y colle.
Une fois la lecture terminée, je lève la tête vers elles, attendant le verdict.
 
Contre toute attente, la « leader » ne fait aucun commentaire et enchaîne :
-          Oui, parce que j’ai déjà été opérée deux fois des yeux, mais il faut que j’y retourne !
-          Ah oui, c’est ennuyeux !
-          Mon pauvre monsieur, vous avez de la chance, vous êtes jeune ! Mais vous verrez, l’âge, c’est pas drôle !
-          Oui, je me doute !
-          On se déglingue de partout, vous savez ?
-          Euh… oui, sans doute !
-          Et puis les médecins, quand vous tombez dans leurs griffes, ils ne vous lâchent plus !
-          Ah bon… oui, sûrement !
-          Ça a commencé avec ma phlébite ! Si vous saviez ce qu’ils m’en ont fait voir. Heureusement, ma fille vient me voir, des fois. Mais elle habite loin, du côté d’Angers. Depuis qu’elle s’est remariée avec l’autre andouille, je la vois moins. Elle est à La Poste, ma fille. C’est bien La Poste. Au moins, elle a la sécurité de l’emploi. Parce que de nos jours, vous savez, quand on voit toute cette misère. C’est bien triste pour les jeunes. De notre temps, on passait le brevet et hop ! Il y avait de la place à l’usine. Maintenant, ils ont fermé Moulinex. C’état bien Moulinex. Hein, Henriette, tu l’as toujours ta cafetière Moulinex ? Maintenant c’est tout des marques taïwanaises, ça dure pas. Et puis on ne peut pas les faire réparer, y’a jamais les pièces ! Faut toujours racheter ! Et avec nos petites retraites, c’est pas facile. Moi, j’en achète pas de ces saletés taiwanaises ! je fais du café soluble avec ma casserole d’eau. Avant j’avais une bouilloire, mais ça s’entartre et on ne peut pas bien laver l’intérieur…
 
La diatribe a dû continuer comme ça une dizaine de minutes.
 
Je commençais à chercher mon Beretta pour me coller une balle dans la bouche, lorsqu’elle s’est enfin arrêtée !
 
Puis d’un coup, comme si elles venaient de se rappeler qu’elles avaient oublié une casserole de lait sur le feu, elles me lancent :
 
-          Bon, ben allez, au revoir !
 
Et elles filent en trottinant à trois kilomètres à l’heure.
 
Et je reste là, avec mon bouquin à la main, comme un con !
La libraire qui a tout écouté se bidonne en se claquant les cuisses.
 
Pour me consoler, elle me lance :
-          Des comme ça, j’en ai dix par jour ! C’est un métier, libraire, hi hi !

J’ai acquiescé avec beaucoup de commisération.
 
Faudra quand même que j’emmène mon Beretta, la prochaine fois, hi hi !
 
 
Bon, ben voilà, les aminches.
 
N’hésitez pas à ajouter des commentaires, ça me fera plaisir J
 
 
A bientôt
 
Pascal
Apprivoiseur de mamies
Par Pascal Candia - Publié dans : Anecdotes drôles de dédicaces - Communauté : SOIF DE LIRE...
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