Mardi 24 avril 2007 2 24 /04 /2007 08:36

Bonjour les amis,

 

 

 

Voici une autre petite anecdote de tournage… euh ! d’écriture ! (je m’y ferai jamais !)

L’insécurité peut aussi exister du bon côté de la loi !

 

 

Voici une aventure qui m’est arrivée en cours de rédaction de « Argenteuil, c’était un accident… ». 

 

Prison-Break, à côté, c’était du gââââââteau !

Je vous raconte :

 

 

Comme j’avais besoin d’informations sur les méthodes de la police, les armes, les bagnoles et tout et tout, je me suis dit : allons donc faire un tour au commissariat du quartier.

Par précaution, j’ai commencé par prendre rendez-vous téléphoniquement.

 

 

 

J’ai expliqué que j’étais en train d’écrire un livre et que j’aurais aimé avoir quelques informations.

 

Puis, j’ai dû décrire ce qu’était « un livre ». 

 

Enfin, j’ai été contraint d’exposer ce que signifiait « écrire ».

 

 

Certes, tout ça était un peu laborieux, mais au bout d’un moment, ils ont fini par m’inviter en termes fleuris à une réunion de travail :

« Mouais, c’est pas clair vot’truc ! Z’avez qu’à passer, on verra ! ».

 

Dont acte ! 

 

J’arrive au commissariat où un espiègle adolescent tentait de nouer un lien amical avec un gardien de la paix en lui suggérant d’aller voir sa maman pour pratiquer des activités quelque peu coquines.

Ce programme, pourtant alléchant, n’a pas eu l’air de réjouir le représentant de l’ordre.

Mais n’étant pas de nature ingrate, il l’a immédiatement fait escorter au salon VIP situé à l’arrière, plus commodément appelé « trou », dans le jargon professionnel.

 

 

Tandis que tout ce petit monde s’éloignait du hall d’accueil pour organiser la petite fiesta en l’honneur des idées créatrices de l’espiègle adolescent, je me suis donc retrouvé seul.

Ayant toujours mon appareil photo sur moi, je me suis dit :

« Tiens, je vais faire quelques clichés, pour pouvoir bosser a posteriori sur les décors ».

 

Et hop, je mitraille le hall. 

 

Quelques minutes plus tard, un gros monsieur en uniforme vient me chercher et m’accompagne dans une petite pièce.

A côté, la fête avec l’espiègle adolescent à l’air de battre son plein, comme en témoignent les hurlements d’allégresse qui filtrent du salon VIP…

 

 

Je raconte mon histoire au monsieur, qui commence par me demander mes papiers et une preuve de mon activité. Ayant prévu le coup, je sors triomphalement la lettre de mon éditeur confirmant la publication de mon ouvrage. 

 

Le policier, en s’aidant de son doigt et en tirant un coin de langue sous l’effort, commence un laborieux décryptage de la missive qui ne fait pourtant que sept lignes.

 

 

Un petit quart d’heure plus tard, il lève les yeux vers moi, essuie son front couvert de sueur et me dit :

« Faut j’fais une photocopie pour’l’chef ! ».

 

J’acquiesce avec enthousiasme.

Quelques minutes plus tard, il revient avec un autre monsieur qui est beaucoup plus gros et a beaucoup plus de galons sur sa veste.

 

Le nouvel arrivant referme soigneusement la porte derrière lui, me lance un sourire quelque peu goguenard et crie :

« Pas de pot, mon gars ! Les caméras t’ont surpris en train de prendre des photos, t’t’à l’heure, à l’accueil. C’est strictement interdit ! Donc tu ne sortiras pas d’ici avant de nous avoir balancé qui tu es en réalité et ce que tu viens foutre ! »

 

 

Immédiatement, je sens ma pomme d’Adam faire du yoyo.

Des images de garde à vue, me traversent l’esprit.

Et puis une palanquée de films me revient en mémoire.

Je me vois tout à tour dans :

Papillon, Brubaker, Les évadés, Prison break, le Château, etc.

 

 

-         « Bé heu ! ça ! » réponds-je avec un sens hors pair de l’à-propos !

 

Il affiche un air triomphant et me lance :

-         « Tu te fous de ma gueule ? Je sens que t’es pas prêt de sortir, mon lascar ! » 

 

 

Une image fugace de fouille au corps, me fait tressaillir. J’imagine déjà un index fortement onguleux fourrager mon intimité à la recherche d’hypothétiques explosifs, puis l’acharnement de ce même doigt qui, n’en trouvant pas, s’obstine…

 

 

Instantanément, je sors l’appareil et leur montre via le petit écran, qu’il ne s’agit que du décor.

Heureusement, à ce moment-là, un autre gardien de la paix entre dans le bureau et envoie un message, volontairement codé, dont je n’ai évidemment pu saisir la teneur mais qui créait une diversion fort bienvenue : 

 

-         « Chef, y’a la pute en manque qu’a encore dégueulé partout ! ». 

 

Légèrement admiratif malgré moi, d’une telle maîtrise du langage « de la loi », je les regardais s’évacuer en essayant de graver dans ma mémoire ces mots à la puissance poétique indiscutable.

Conscient que mes interlocuteurs étaient partis servir la France avec honneur, je décidais de ne plus les gêner d’avantage avec mes foutaises.

Je ramassais fissa ma carte d’identité, mon courrier et m’évacuais aussi vite que j’étais venu…

 

 

« Finalement, je ferai des recherches sur internet ! » me suis-je dit en me retrouvant sur le trottoir.

 

 

 

J’accordais un dernier regard à la bande d’adolescents espiègles qui s’attaquaient au ravalement du bâtiment à l’aide de ridicules petites bombes de peinture.

Emu, je les regardais faire et m’éloignais en soupirant.

Ils avaient si peu de peinture à leur disposition qu’ils ne pouvaient que déposer leur signature, les pauvres !

Tout de même !

Créer des emplois jeunes et leur fournir si peu de matériel, quelle honte !

Rien de tel pour gâcher des vocations !

 

 

 

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Et voilà !

Vous l’aurez deviné, tout ceci est « légèrement » romancé.

Mais tout le truc avec l’appareil photo est véridique !

J’ai vraiment failli me retrouver au gnouf !

 

 

 

Ah ! Auteur de polar, c’est pas simple, des fois, je vous jure ! hi hi !

Allez, à demain pour de nouvelles aventures.

 

 

 

 

 

 

Pascal

L’évadé d’Alcatraz

 

Par Pascal Candia - Publié dans : Argenteuil, c'était un accident... le livre
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