Dimanche 18 octobre 2009




Hello les amis,

De nombreux retours de lecteurs m’ont démontré que ce qui leur plaisait autant que les histoires, c’était les petits moments ironiques et les seconds rôles riches en « ce qui nous énerve dans la vie de tous les jours !».

Dont acte !


A titre d’exemple, voici un extrait du tome 4 de la Saga Sainclair, où Lambrosi est aux prises avec un serrurier.

Clairement visée : la caste très répandue des artisans insupportables.

Ceux qui débarquent chez vous en territoire conquis avec deux heures de retard, vous annoncent des délais et des prix faramineux et vous balancent toutes les trois minutes : « si ça vous convient pas, vous pouvez aller ailleurs, t’façon, moi, j’ai trop de boulot ! » 

Comme vous avez mis 15 jours à obtenir le rendez-vous en suppliant 4 fois au téléphone, vous vous contentez de baisser la tête avec des envies de meurtre difficiles à contenir…

Voyez le genre ?

Ça m’est arrivé tellement de fois qu’il était temps de prendre ma revanche !


Allez, en voiture :

Le commissaire Lambrosi avait été contraint de faire appel à l’irascible Olivier Penel, le serrurier agréé qui travaillait habituellement avec la brigade. Ce dernier, convoqué à 8 heures du matin rue Simart, était arrivé avec sa gueule des mauvais jours. Quand, en plus, il avait appris qu’il était là officieusement pour rendre service au divisionnaire et que la mission était confidentielle, son humeur avait carrément viré à l’exécrable. Heureusement, Jean l’avait calmé avec la promesse d’une enveloppe substantielle de cash. Penel, méfiant de nature, et encore plus avec les flics, avait alors exigé un paiement d’avance. En maudissant l’avidité de l’artisan, le divisionnaire avait négocié âprement. Après bien des palabres, il avait obtenu son forfait « ouverture et bouche cousue » pour cinq cents euros augmentés un bonus équivalent si le coffre contenait du liquide. Lambrosi n’en était toujours pas revenu.

Non seulement l’autre avait refusé de lâcher en dessous, mais il l’avait même traité de pingre ! Un comble !

En soupirant d’exaspération, il avait alors été retirer la somme au premier distributeur et avait accordé l’avance sur ces deniers personnels.

La semaine commençait bien…

Tel le grand Houdini, le serrurier avait happé et enfoui les billets dans sa poche avec une telle rapidité que le Corse se demanda si ce fric avait un jour existé. Mieux qu’une concierge un jour d’étrennes !

Satisfait, le racketteur agréé s’était alors attaqué à l’épaisse serrure du coffre en maugréant beaucoup plus modérément. En moins de trente minutes, et quelques chapelets d’injures bien senties, il en était venu à bout…


Quelques lignes plus loin :


… Le serrurier, qui n’avait absolument rien à foutre de ses états d’âmes lui tapota sur l’épaule et lui rappela leur accord d’une voix mielleuse. Le Corse, se retenant difficilement de le gifler à la volée, détacha cinq billets de cent euros et les lui tendit. Penel les fit disparaître aussi vivement que les premiers et se fendit d’un large sourire. Cette fois, ses yeux se mirent à briller et son humeur passa au beau fixe. Mille euros pour moins d’une heure de boulot, et nets d’impôt, la semaine ne commençait pas si mal que ça, en définitive…

Il était même tellement ravi, qu’il convia le policier à aller boire un Ricard pour fêter l’évènement. Epouvanté à l’idée d’aller se biturer en début de matinée avec un tel cancrelat, Jean déclina poliment et le congédia en lui rappelant sa promesse de discrétion la plus absolue. Après moult courbettes et sourires commerçants, le serrurier jura sur la tête de sa mère, de sa femme, de ses enfants et de son cocker, qu’il emporterait le secret dans sa tombe. Enfin, il finit par déguerpir en tapotant amoureusement le renflement de son portefeuille. Ce pognon-là, sa légitime n’en verrait pas le moindre centime. Elle qui lui délivrait habituellement son argent de poche avec une radinerie consommée, l’aurait dans le baba, cette fois. Ce soir, au bistrot, il allait en coller plein la vue aux copains : les tournées allaient pleuvoir dru…

 

Et voilà !

Vous savez tout !

Des « comme ça », vous en rencontrerez un paquet tout au long du bouquin…

 

Donc j’y retourne…

Biz à tous.

 

Pascal

Ligue de défense anti casse-couilles

Par Pascal Candia - Publié dans : Les prochaines aventures à paraître - Communauté : SOIF DE LIRE...
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